Manger moins mais mieux

Retrouver la sensation de faim, se sentir léger après un repas et prendre soin de sa santé sur le long terme…

Manger est pour moi un plaisir, plaisir des sens mais aussi plaisir de se réunir en famille ou entre amis. Plaisir qui rythme mes journées, les structure, et m’accorde des pauses dans mes journées de travail…

Mais, hormis ces constats d’ordres gustatif, social et sociologique, je ne me suis que très tardivement interrogée  si, avant chaque repas, je ressentais l’état physique de faim.

Cette question me paraît désormais essentielle, car s’il est agréable de manger pour le plaisir des papilles, de la gourmandise ou du moment partagé avec d’autres, ce n’en est plus un pour moi quand, après avoir mangé plus que nécessaire, je fatigue davantage mon organisme dans son travail de digestion et que je l’oblige à stocker les aliments en surplus.

Le plaisir ainsi ressenti au moment du repas se transforme ensuite par des sensations d’inconfort, de fatigue, de lourdeur, avec les conséquences psychologiques qui peuvent s’en suivre (culpabilisation, regrets, sentiments de ne pas maîtriser ce que je mange…), sans parler de celles, physiques, qui pourraient altérer ma santé sur le long terme(maux d’estomac, cholestérol, excès de poids, etc.).

Bien sûr, les occasions se présenteront toujours occasionnellement d’aller au restaurant ou de partager un repas copieux avec amis ou famille. Il ne s’agit en aucun cas de se priver de ces moments agréables. Mais il s’agit d’être à l’écoute de son corps. Si j’ai beaucoup mangé la veille au soir, il ne m’est pas obligé de manger mon habituel petit déjeuner avec tartines de pain, confiture, beurre… Je peux simplement me contenter de quelques fruits, d’un bon thé et d’un yaourt.

Manger mieux, un acte plein de sens qui ne nécessite pas d’être riche.

Manger moins a également été une motivation lorsque j’ai décidé de manger mieux.

Manger mieux, qu’est-ce que c’est ? C’est pour moi manger plus équilibré, mais aussi et surtout manger des produits de meilleure qualité et de meilleur goût (qualités gustatives et nutritives des produits biologiques ou artisanaux). Et en allant plus loin, manger mieux peut aussi consister à manger plus éthique ou encore plus écologique. La définition de ce que signifie manger mieux peut en effet balayer de nombreux domaines . Chacun peut trouver une motivation dominante qui l’inciterait à avoir une alimentation de meilleure qualité.

En ce qui me concerne, choisir de manger mieux pour les différentes raisons évoquées ci-dessus, c’est surtout me faire davantage plaisir dans le choix de mon alimentation. Mais ce plaisir s’accompagne bien souvent, hélas, d’un budget à revoir à la hausse, si l’on ne modifie pas son comportement alimentaire au niveau quantitatif : manger bien et beaucoup a un coût !

Je sais que pour la plupart, le prix des aliments est le premier indicateur de choix. Mais en adoptant un autre raisonnement, il est possible de changer :

Choisir la simplicité et la frugalité dans l’alimentation permet en effet, pour un même budget, de manger mieux.

De plus, quand on mange des aliments qui nous procurent moins de plaisir, on peut avoir tendance a en manger plus, par effet de compensation. Ou bien, dans des magasins de discount alimentaire, les prix étant plus bas en comparaison des autres supermarchés, on peut avoir tendance à s’ »autoriser » à acheter plus, et le plus souvent des aliments dont on n’a pas réellement besoin, des aliments non essentiels (gâteaux apéritifs, gâteaux sucrés, sodas, …), sous prétexte que les produits sont moins chers… c’est ce qui s’appelle l’ »effet rebond ».

Ainsi, choisir la frugalité, c’est choisir la santé, le bien-être, le plaisir de manger, et il ne faut pas toujours avoir un porte-monnaie rempli à ras-bord pour s’en donner les moyens, bien au contraire !

Exemple :

Si je désirais manger des crèmes ou des yaourts après chacun de mes repas, il me faudrait acheter une douzaine de yaourts à la semaine.

Je pourrais faire le choix d’acheter un paquet de 12 yaourts de premier prix, trouvé dans un supermarché. Mais parce-que je choisis la qualité, le plaisir du goût et la santé, je préfère m’acheter 4 yaourts dans un magasin biologique.

Par ce choix, je diminue la quantité de yaourts achetés et donc le prix dépensé (car 4 yaourts, même bios, coûtent moins cher que 12 yaourts de premier prix).Et cela me permet également de varier mes desserts : manger des fruits, faire des desserts ou des yaourts moi-même…

Il n’y a aucune privation dans ce choix. Le plaisir ressenti lors de la dégustation de ces 4 yaourts bios et de bonne qualité est d’autant plus fort qu’il y en a peu. Et le fait de faire soi-même ses yaourts ou de manger un fruit est un réel plaisir et contribue à varier mon alimentation.

Au final, en dépensant moins, j’ai pris autant de plaisir à manger, mais j’ai aussi varié mon alimentation et retrouvé le plaisir de faire des choses moi-même !

Manger moins et mieux en famille ?

Bien sûr, il semble plus facile d’écouter sa faim, de manger ce que l’on a envie de manger et en quantité souhaitée lorsque ces choix ne dépendent que de nous. La vie de couple ou la vie de famille nécessitent en effet de s’adapter, de faire des concessions. Mais ces concessions doivent naître de discussions, de l’écoute des envies et besoins de chacun.

Il est toujours possible de s’écouter sans avoir besoin d’imposer ses choix à l’autre. Si la vie de famille ou le rythme des journées de travail imposent de manger à heure fixe, rien n’empêche, si par exemple vous n’avez pas encore grand faim, de diminuer les quantités, en demandant que l’on vous serve une petite portion, ou en ne vous resservant pas une deuxième fois.

Si les goûts et les couleurs varient au sein d’une famille, tant mieux !Si untel préfère les crèmes au chocolat et l’autre les compotes de pommes, l’important est que chacun puisse assouvir ses envies. Mais à condition que chacun sache que ce plaisir est limité. C’est à dire qu’il ne s’agit pas d’acheter autant de compotes ou de desserts au chocolat qu’il le faut pour la semaine. Certains parleraient ici de rationnement. C’est juste lorsque l’on voit cela de manière simplement quantitative.

Mais si ce « rationnement » s’accompagne du plaisir de manger, à d’autres repas, un gâteau ou une crème maison, ou du fait de déguster et de savourer d’autant plus son dessert préféré parce que l’on sait qu’on ne le possède pas en abondance et de manière illimitée, le plaisir ne peut en être que décuplé ! Ceci peut faire partie intégrante de l’éducation à l’alimentation d’un enfant. On ne mange pas tout ce que l’on veut quand on le veut. Il est important de manger de manière variée et équilibrée. Si l’enfant sait qu’il a droit plusieurs fois par semaine à son dessert préféré, il y trouvera certainement un équilibre.

Il me semble malgré tout important de préciser que cet exemple n’est qu’un exemple, et que s’il est important pour vous de manger votre dessert préféré après chaque repas, il ne faut en aucun cas vous en priver ! Il s’agit de changer et d’agir dans les domaines où l’on s’en sent l’envie et la motivation.

Manger moins et mieux…

  • Pour retrouver le goût de produits de meilleure qualité
  • Pour sa santé :

· Equilibre nutritionnel des produits complets tels que la farine, le sucre…

· Produits biologiques exempts de pesticides et engrais

· De nombreux problèmes de santé liés à une alimentation excessive et/ ou de mauvaise qualité évités sur le long terme.

  • Pour se sentir mieux physiquement (légèreté, confort…)
  • Pour l’environnement : manger moins, c’est forcément créer moins de déchets.
  • Pour l’aspect financier : manger moins, c’est aussi faire des économies.
  • Pour l’éthique : « Vivre simplement pour que d’autre puissent vivre » (Gandhi). Certes, ce n’est pas parce- que l’on mangera moins que le reste sera équitablement distribué , que ceux qui meurent de faim dans le monde auront de quoi se nourrir.

Mais il peut malgré tout être intéressant de considérer que manger en abondance, en excès peut engendrer un sentiment d’incohérence… Pour ma part, je ne me sens pas en accord avec moi-même lorsque je passe devant un SDF ou que je reçois un courrier d’une ONG agissant contre la faim dans le monde, et que je me donne bonne conscience en me disant intérieurement que je ne peux pas porter toute la misère du monde et donner à manger à tous les affamés… Alors que la veille j’ai mangé en excès, ou que je suis allée quatre fois au restaurant dans le mois… Histoire de conscience !

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