Il y a ces matins où, fonçant vers mon train à vélo, je file sur le pont neuf et je m’autorise à ne plus pédaler, à me laisser aller, et à apercevoir au loin les Pyrénées. Elles apparaissent de temps à autre, le matin, toujours, et sont comme une illusion, un mirage. Comme une promesse, comme un appel. Et le soir, à nouveau, cachées.
Il y a ces moments où j’ai pu retrouver le bien-être profond d’être près d’elle. Le son de sa voix qui chante, si beau, si fragile. Les odeurs des fruits, de l’air, d’un lieu plein de vie. Des meubles qui m’étaient familiers, les siens, les miens, les leurs, les notres .
Il y a cette fantaisie, ce bric à brac, ces dons, ces petits détails sur une enveloppe, sur un cadre, ces nombreux livres qui appellent à la curiosité, ces petits mots sur une ardoise.
Il y a ces gestes si beaux, si bons . Un cadeau surprise caché, un lit tout près à recevoir le sommeil, des volets soigneusement fermés, un thé à la menthe en guise de petit déjeuner à la Ricorée.
Il y a ces choses simples, manger ce qui est bon, faire la sieste dans ce jardin un peu magique, parler, se confier, se mettre à jour sur nos vies, sentir une complicité naître avec une autre.
Il y a marcher , se faire piquer par les ronces et manquer de déchirer ma robe, et arriver là où la solitude m’appelle et me fait si peur. Havre de paix, cheminée, carreaux cassés, table de pierre, oliviers, amandiers, collines ocres, vent, cigales.
Tu respirais le bien-être, l’épanouissement, la simplicité intérieure, je n’ai senti aucune encombre.
Il y a ce maquillage que je ne porte plus, ce parfum que j’oublie, ces bijoux que je porte à l’unité, ces cheveux que je laisse détachés, ces sourcils que je ne torture plus, ces vêtements amples que je porte, le sol sous mes pieds nus.
Il y a ces boutures, ces petites natures que j’observe chaque matin, chaque soir. Je guette la moindre feuille nouvelle, j’arrose consciencieusement chaque jour. Chacune m’évoque une personne, un lieu. Et je les protège au mieux pour qu’elles puissent vivre longtemps, et me donner un plaisir encore plus grand lorsqu’elles seront épanouies.
Il y a ces regards échangés avec Marie. Nos accordéons s’accordaient, flûte traversière, haut-bois et darbouka. Face à face, entourées d’étoiles qui dansaient, nos yeux se disaient notre fierté. Elle de me voir ici, moi de la voir là. Et plus loin sur la place, ces jongleurs de feu qui donnaient encore plus de force à ce lieu, à ce moment anachronique, décalé du réel, comme dans une bulle de féerie.
Et puis il y a tout le reste, ce que j’ai déjà oublié, ce que j’aurais du écrire sur le moment, même s’il était tard.
Ma vie est une merveille, je me le dis très souvent, en ce moment.
Nicollas a dit,
24 juin 2009 à 12:53
>Il y a cette fantaisie, ce bric à brac
Comment ça bric-à-brac !?
(merci)
Claire a dit,
16 juillet 2009 à 9:28
Merci pour ce beau post qui m’encourage à faire mémoire des merveilles de mes quotidiens !
Claire, une “toulousaine” par adoption
julie a dit,
2 décembre 2009 à 7:43
merci pour ces clins d’oeil qui ressemblent tellement à tout ce qu’on devrait pas oublier de faire chaque jour