Pêle Mel

« Ode au farniente »

« Rêves suspendus »

« Semelles au vent »

« Nomade »

Une amie m’a dit qu’elle avait lu dans un magazine que découper des mots, des bouts de phrases à droite et à gauche dans journaux et magazines, choisis, qui inspirent un état, une émotion… et de les rassembler sur une même feuille permettait d’en trouver un point commun, une convergence.

Alors voilà ce que j’ai trouvé ce soir et c’est vrai que tout s’explique ou presque.

Les vacances approchant, soleil, sandales et jupe au vent, j’ai la tête ailleurs et surtout pas  dans mon boulot. J’ai envie de passer des heures chez moi .

A écrire, à faire le point sur cette année tellement riche, à écrire un livre pour les enfants, à continuer mon projet sur la simplicité volontaire…

A lire tous ces livres entassés dans ma bibliothèque, qui m’appellent.

A faire quelque chose de cette terre argileuse, un bol, une sculpture, que sais-je.

A connaître sur le bout des doigts tous ces morceaux d’accordéon .

A éprouver le souffle continu dans mon didjéridoo.

A faire la sieste quand ça me prend.

A jardiner sur mon bout de fenêtre.

A prendre mon vélo pour aller prendre la lumière, les arbres, le canal.

Ça, c’était pour l’ode au farniente.

Mes rêves suspendus, ce sont ceux qui justement gravitent autour de l’accordéon, du chant, de l’écriture, des contes, de mon investissement dans la simplicité volontaire, dans cette petite épicerie bio associative… Je pense qu’on a tous en nous ce petit quelque chose en nous à épanouir, ce truc qui prend plus de place qu’autre chose… ce vers quoi il faut aller et foncer pour avoir vécu sa vie pleinement.

« La peur de se figer dans une vie trop étroite . Parce qu’à 20 ans le monde s’ouvre à toi… et qu’à 30 ans tu réalise que réaliser l’être formidable qui se cache en toi est plus compliqué que prévu. Alors on s’arrange avec le réel, en essayant de ne pas trop se résigner, en jonglant de façon plus ou moins honnête avec soi-même. Et finalement, on fait nos choix en fonction de ce que propose notre environnement, du contexte, de notre degré de conscience, des rencontres que l’on fait, de celles que l’on rate… chaque choix dérive d’une multitude de non-choix » (Dans « Transat » de  Aude Picault, merci Nahi, toi aussi tu as tout compris en m’offrant ce livre.)

Elle a tout dit pour moi. Et en faisant le choix d’être instit, ce métier riche, plein d’enfants à aimer, varié, reconnu, utile, stable…. Je croix que j’ai fait beaucoup de non-choix, et j’ai beau essayer, en dehors de mon temps de travail d’aller à contre courant, de rattraper le retard… , j’entends comme une évidence qu’un jour il me faudra à nouveau faire un choix, un vrai.

En étant nomade et en voulant vivre semelles au vent, je pense vouloir vivre de peu. Désencombrer ma vie matérielle, en dehors de toutes les valeurs de simplicité, c’est aussi une thérapie pour moi, comme pour me libérer de quelque chose. De ce quelque chose peut-être en trop dans ma vie et qui m’empêche de vivre ce que j’ai réellement à vivre. (Voire « Rêves suspendus ») Ce quelque chose, peut-être qu’il manque aussi…Et ça fait écho à ce que j’avais écrit  il y a trois mois :

« Je crois que le printemps démange mon sac à dos. Envie de bouger, de me sentir libre, et enracinée en moi-même, seulement. Toujours cette envie de ne posséder que l’essentiel et de me sentir chez moi n’importe où j’irais.

Envie d’être sur le chemin, moi qui pensais avoir besoin d’enracinement.

Peut-être que pour s’enraciner il faut être entouré de ceux-là et avoir pour paysage ceci.

Peut-être que j’aimerai qu’il soit moins loin.

Peu-être que je rêve d’un jardin aux couleurs, odeurs et bruits en douceur que je ne trouve pas dans mon 20 m² sombre.

Peut-être que partir c’est fuir ce qui ne va pas en espérant qu’ailleurs c’est mieux ».

J’avais envie de dire que c’est tout pour aujourd’hui mais…

Il y en a encore trop, ça déborde et ça s’échappe alors il faut que je revienne, et vite.

Un commentaire

  1. zelda a dit,

    23 juin 2009 à 8:42

    J’aime toujours autant te lire, alors ravie que tu reviennes, “et vite” !
    Et encore plus de te revoir bientôt …


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