Pour une vie matérielle légère, alliant l’essentiel à l’utile, au plaisir et à la beauté.

Que ce soit dans les objets fonctionnels ou décoratifs, les meubles, les vêtements ou autre, lorsque tout est présent dans mon environnement quotidien en trop grande quantité, mon esprit n’est pas clair. Je me sens surchargée, alourdie de tout ce que je possède.

Cela d’autant plus que depuis quelques années je déménage au moins une fois par an ! Et chaque fois, lorsqu’il s’agit de faire mes cartons, de les déménager, de les déballer à nouveau, il y a toujours quelques objets, qui me semblent de trop : Ai-je vraiment envie de retrouver cet objet dans mon futur appartement ? N’est-ce pas un poids et un volume supplémentaires et inutiles à déménager ?

Il y a les achats que l’on regrette, ceux que l’on a fait sous la tentation, en se disant que c’est vraiment une bonne occasion, et puis dont on ne se sert jamais… Il y a les cadeaux qui ne plaisent pas vraiment mais que l’on garde pour ne pas décevoir, pour le souvenir ou parce qu’un cadeau, ça se garde ! Et puis les objets qui, un jour pourront servir…

Et puis, que faire de ces objets de toutes façons ? Jeter n’est pas quelque chose d’agréable pour tout le monde…

Mais tous ces objets venaient à l’encontre d’ une de mes utopies : pouvoir mettre ma vie dans un sac à dos. Et pas seulement pour partir en voyage ! Simplement pour le fait de me sentir libre, ou plutôt libérée… Mais de quoi ? Et bien, de tous ces objets matériels qui m’attachent, qui m’enchaînent :

-Matériellement :lorsqu’il s ‘agit d’entretenir, de réparer, de déplacer, de déménager quelque chose.

-Mentalement : beaucoup d’objets dans un espace de vie peuvent alourdir l’ambiance, encombrer les espaces et empêcher une bonne fluidité . Ceci peut avoir un effet négatif sur l’esprit, que l’on en aie conscience ou pas.

Posséder peu d’objets, cela signifie également consommer peu et être libéré de l’envie omniprésente de désirer quelque chose, sans jamais se contenter de ce qu’on a déjà.

Imaginez : si d’un moment à l’autre vous deviez quitter pour toujours votre lieu de vie, et ne partir qu’avec quelques bagages… Sauriez-vous quoi emporter ? Sauriez-vous faire un choix parmi tout ce que vous possédez? Et en fonction de quoi feriez-vous ce choix ?Privilégieriez-vous l’utile et le pratique, le souvenir, l’esthétique, le cadeau ?

Personnellement, j’ai mis du temps à réaliser que  ces objets qui m’appartenaient avaient un impact négatif sur mon bien-être mental.

Mais je me suis posée ces questions…

Et puis un jour, j’ai lu quelques livres sur le Feng-Shui, la simplicité, le bouddhisme…

Sans parler de ces personnes qui m’ont ouvert les portes de nombreuses possibilités de désencombrer intelligemment …

Et ma philosophie sur la vie matérielle s’en est trouvée fortement changée…

Un beau voyage, que je continue et qui m’en apprend encore beaucoup aujourd’hui, car je crois que je n’en finirais jamais d’aspirer à plus de liberté et de légèreté…

Ma philosophie matérialiste

Avant de désencombrer ou de me débarrasser de quoi que ce soit il m’a fallu en effet changer ma vision des choses matérielles de la vie.

Lors de « séances » de grand ménage, de rangement ou de tri, souvent en période de déménagement, c’est souvent l’occasion de passer en revue, un par un ou presque, tous les objets que l’on possède…

  • L’utilité :

Cet objet m’est-il utile ? Si oui, cette utilité est-elle primordiale ? C’est à dire est-ce que je me sers de cet objet uniquement parce que je le possède et est-ce que si ce n’était pas le cas, me manquerait-il ?

Ou bien ne fait-il pas double usage avec un autre objet?

  • Le souvenir

Il y a des objets dont on ne se sert jamais, que l’on ne trouve pas spécialement à son goût et que l’on garde malgré tout.

Mais ce bibelot qui s’empoussière depuis toutes ces années sur mon buffet et qui ne m’est ni utile ni à mon goût m’ apporte-il vraiment du bien-être ?

Parfois, ce genre d’ objets évoque un bon souvenir, et c’est pour cette raison qu’on les garde.

Mais ai-je réellement besoin d’avoir cet objet sous les yeux pour me remémorer ces instants ? Le souvenir n’est-il pas avant tout intellectuel, et l’objet n’est-il pas en quelque sorte le symbole matériel d’un moment vécu.? Et pourquoi ne pas écrire ce souvenir dans un carnet, afin d’être sûr de ne jamais l’oublier ? Voilà une belle occasion de développer sa créativité dans le domaine de l’écriture, tout en se donnant la possibilité de se séparer de cet objet, sans aucun regret, sans aucun scrupule, et même avec un grand soulagement.

  • Le cadeau

Dans le même registre que le souvenir, se séparer d’un cadeau que l’on nous a fait est souvent difficile. Parce qu’un cadeau, au-delà de l’objet, possède souvent une valeur affective. Parce-qu’on ne voudrait pas décevoir la personne qui nous a fait ce présent. Ou parce-que tout simplement, ça ne se fait pas.

Et pourtant, les cadeaux ont de nombreuses occasions pour revenir régulièrement. A Noël, aux anniversaires, à la Saint Valentin, venant de famille ou amis, on arrête difficilement les cadeaux et donc l’accumulation d’objets qui va avec.

Bien évidemment, il s’agit ici de parler des cadeaux dont on n’a aucune utilité, ou qui ne sont pas notre goût ! Les cadeaux merveilleux, surprenants, qui répondaient pile poil à une envie ou à un besoin ne sont ici pas concernés !

Mais il arrive hélas que parfois le cadeau fasse fausse route : il sera inutile ou pas apprécié par son destinataire…

Lorsqu’on offre quelque chose à quelqu’un, on y met souvent beaucoup de choses. Envie de faire plaisir à l’autre, de le voir surpris, ému, comblé ! Parfois, même, on offre (inconsciemment !) aux autres des choses qui sont davantage à notre goût qu’à celui du destinataire . « J’aimais beaucoup cette chemise, je me suis dit que tu serais vraiment très beau avec, alors je te l’ai achetée ! »

Et bien souvent, on a envie d’être remercié, reconnu, aimé pour le beau cadeau que l’on a fait ! Et c’est pourquoi il est parfois difficile de voir la déception de l’autre, d’accepter que l’on se soit trompé…Car réaliser que l’on n’ a pas réussi à faire plaisir à l’autre, c’est aussi accepter son erreur, se remettre en cause… Et c’est ainsi que souvent, la personne à qui le présent ne plaît pas   se sent mal à l’aise et culpabilise dans une telle situation ! Il faut au moins avoir la politesse et la délicatesse de faire  mine d’apprécier, ne serait-ce que quelques minutes, le cadeau offert !

Mais un réel cadeau ne devrait-il pas être fait dans l’unique but de faire plaisir à l’autre ? Le vrai don consiste-il vraiment à  attendre en retour  remerciement et reconnaissance ? Ne devrait-on pas se contenter du sourire ou de la joie qui se lit sur le visage de la personne comblée ?

Et si l’on privilégiait avant tout et surtout le plaisir de l’autre plutôt que la recherche de reconnaissance, d’amour, de remerciement ?

Et si l’on acceptait tout simplement le fait qu’un cadeau puisse déplaire et que c’est aussi un jeu à jouer, un risque à prendre et à assumer ?!Et si on laissait la possibilité à l’autre d’être honnête sur le cadeau reçu, sans qu’il y ait de malaise ?

Et si l’on s’autorisait soi-même à être honnête dans une telle situation ? Ne peut-on pas avouer ce genre de choses en toute gentillesse, à nos amis ou famille proches ?

L’important n’est-il pas le geste effectué ?

Lorsqu’un objet offert ne me convient pas, cela ne m’empêche pas d’apprécier le cadeau, pour ce que la personne y a investi en temps, intention, argent… Et tout ceci n’est pas forcément dépendant de l’objet en lui-même, tout comme un souvenir ne nécessite pas la présence de l’objet le représentant pour exister !

Lorsque je me sépare d’un cadeau fait par mes proches, je pense à tous les autres cadeaux que ces derniers ont pu m’offrir à d’autres occasions, qui m’on plu et que je garderai précieusement. Et avant de me débarrasser de l’objet, je me rappelle que l’objet n’est que le symbole matériel du geste qu’une personne qui m’est chère a eu envers moi, et que je n’ai pas besoin de cet objet pour apprécier cette intention.

Voilà des pistes pour changer d’état d’esprit face à cet « intouchable » qu’est le cadeau… et qui peuvent aussi permettre de s’alléger en objets tout en ne s’alourdissant pas la conscience !

Il n’est pas ici question de critiquer le cadeau, et ce qu’il véhicule et symbolise de don, d’amour, de plaisir d’offrir et de recevoir etc. mais de remettre en question notre approche de l’objet  offert et reçu, et des contraintes sociales et de convenance qui accompagnent cet acte.

Il existe  par exemple des alternatives à l’objet en tant que cadeau, ce qui est parfait pour lutter contre l’accumulation  matérielle effrénée !

Certains font des listes, comme au temps où l’on faisait sa liste au Père Noël… Certes dans ce cas on ne prend pas le risque d’être déçu …Mais cela enlève toute la surprise et enlève une grande valeur au cadeau : Offrir un cadeau, ce n’est pas juste acheter . C’est trouver du plaisir dans la recherche DU cadeau qui correspondra aux envies de l’autre, y passer du temps.

J’accorde ainsi beaucoup de valeur à un cadeau confectionné à la main, qui a nécessité du temps, de la recherche, de la créativité, de l’inventivité, aussi simple qu’il puisse être : Offrir des pots de confiture faite maison, et auxquels on aura donné de jolis noms féeriques. En voilà une idée de génie, toute simple ! décorer des petites boîtes en bois et dans lesquelles on mettrait du bon thé … De plus, dans ces exemples, le cadeau est utile et même éphémère car « consommable ».

J’apprécie également tout particulièrement les « cadeaux à vivre », par exemple : .

-Un jeu de chasse au trésor surprise dans une ville où chaque énigme permet de retrouver un de ses  amis en un lieu précis ! Inattendu, surprenant, amusant !

-Avoir tous ses amis réunis chez vous par surprise !

-Se faire emmener une semaine par son bien-aimé dans le chalet de montagne de vos rêves !

Avec ou sans argent, il est toujours possible d’imaginer, un cadeau simple, joli et utile, ou pas forcément matériel,  qui puisse offrir de la surprise, de l’émotion, de l’étonnement!

  • L’esthétique

Parmi les objets m’entourant, j’accorde également beaucoup d’importance à l’esthétique. Il me semble important de vivre dans un environnement qui me correspond, qui me plaît, dans lequel je me sens bien et  qui me nourrit de choses positives, belles et agréables.

Un objet utile doit aussi être pour moi, agréable à la vue.

Je peux avoir envie de garder un objet inutile mais très beau, tout comme je préfère ne pas garder un objet dont la valeur symbolique et affective est importante mais dont la vue apparente ne me fait pas plaisir et va à l’encontre de mon bien-être.

Ainsi, après avoir analysé patiemment chacune de mes possessions matérielles, à partir de critères d’utilité, d’affectivité et d’esthétique, un besoin de désencombrement s’est fait sentir, et plus qu’un grand soulagement, cela a fait place à plus de clarté et d’espace, que ce soit dans mon espace de vie quotidien ou dans mon esprit !

3 commentaires

  1. Helene a dit,

    17 février 2009 à 12:55

    Une amie m’a donné un jour la solution qui me convient pour les objets-souvenirs ou les cadeaux qu’on n’utilise pas: les prendre en photo avant de s’en défaire! C’est ce qui marche le mieux pour moi…
    Et j’imagine assez bien un petit carnet avec la photo… plus un texte sur cet objet, comme tu le proposes. On peut ensuite laisser plus facilement partir ces objets, car toute la charge émotive qui s’y rattache est à la fois conservée dans le carnet mais aussi évacuée de notre esprit, car on n’a plus les objets en question sous le nez.
    Bon désencombrement! (moi, c’est mon point faible…)

  2. Céline a dit,

    18 février 2009 à 12:46

    J’aime beaucoup lire ces témoignages qui me permettent de poursuivre ma réflexion et m’aident à avancer ; le tien rejoint particulièrement mon expérience personnelle.

  3. milanou a dit,

    18 février 2009 à 4:32

    Hélène: oui c’est une bonne idée, la photo! Chacun peut trouver ce qui lui convient le mieux pour garder en mémoire un objet sans avoir besoin de le garder!
    Céline : Bon désencombrement! J’ai vu sur ton blog que tu étais en plein dedans, et j’approuve totalement!


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